Thought this was neat – well, the bits I could parse from Babelfish; it’s by Oriane Jeancourt and, Olivier Delcroix from today’s Le Figaro, about Angoulême:

DEPUIS 1974, tous les chemins de la BD mènent à Angoulême. Après trente ans de bons et loyaux services, quel est le secret du festival d’Angoulême ?

« Finalement, analyse Jean-marc Thévenet, directeur général du festival depuis cinq ans, les deux atouts principaux du festival sont une ouverture à l’internationale et le développement d’expositions scénographiques. »

Déjà, en 1974, sous l’égide de l’Italien Hugo Pratt et de l’Américain Will Eisner, le premier festival de la bande dessinée d’Angoulême avait montré son engagement cosmopolite.

« Aujourd’hui plus que jamais, on s’aperçoit que c’est la rencontre des créateurs de BD de tous les pays qui est à la source de l’originalité du festival », poursuit Jean-Marc Thévenet. Du pionnier Will Eisner, présent à Angoulême dès 1974, à Art Spiegelman, en passant par Katsuhiro Otomo, José Munoz, Carlos Sampayo, Jiro Tanigushi, Dave McKean, Neil Gaiman ou Todd McFarlane, le festival n’a cessé de développer sa fibre et son marché étranger. « Aujourd’hui, le Marché international des droits d’Angoulême est une énorme matrice, rappelle Thévenet. Ce rendez-vous est en quelque sorte devenu le Francfort de la BD. »

Pour le président, Yves Poinot, figure historique du festival depuis sa création, l’apothéose aura même eu lieu en 1982 lorsque le Salon s’est offert le luxe d’une « convention de la BD » à New York à laquelle étaient présents le dessinateur de Tarzan Burne Hogarth, Harvey Kurtzmann, le créateur de Mad Magazine et Michel Greg.

Cette ligne de conduite ne cesse de s’accentuer: après la création d’expositions itinérantes internationales en 1996, la venue il y a deux ans d’ambassadeurs de la BD japonaise, le comité d’organisation poursuit cette démarche en conviant cette année une importante délégation coréenne.

1990 est décidément une année charnière. Outre la création du Marché international des droits, l’inauguration du Musée des ombres conçu par le tandem Benoît Peeters et François Schuiten, au Centre national de la bande dessinée et de l’image (CNBDI) a créé un choc.

Les visiteurs médusés découvrent la première expérience de scénographie de la bande dessinée. Peeters et Schuiten y ont reproduit leur univers peuplé de mécanismes à pédales et de machines à sons. Pour Jean-Marc Thévenet, « le Musée des ombres est une innovation décisive dans l’histoire de la bande dessinée. Pour la première fois la BD a réussi à se mettre en scène ».

Les grandes expositions se succèdent ensuite, ouvrant leurs portes au multimédia, en particulier grâce à la fondation du Pôle image (devenu Magelis) en 1999, qui a participé, entre autres, à la création de Kirikou et la sorcière, long métrage d’animation de Michel Ocelot, ou au récent Corto Maltese de Pascal Morelli.

« Il ne faut surtout pas se laisser distancer, affirme Thévenet. Anticiper l’avenir, ne manquer aucun talent, ne pas oublier que les nouveaux courants d’aujourd’hui seront les classiques de demain, voilà quelques-uns de mes mots d’ordre. »

Néanmoins, après tant d’années, les organisateurs de cette manifestation ne craignent-ils pas la concurrence des nombreux festivals BD qui prolifèrent en France ? Philosophe, Yves Poinot conclut: « Vous savez, il y a une chapelle dans chaque village. Mais il n’y a qu’un seul Vatican. Angoulême est le Vatican de la bande dessinée. »